jeudi 10 juin 2010

Top End

On a donc traversé l’Outback aux sons d’AC/DC et de Geoffrey Gurrumul Yunupingu (nos seuls CDs en l’absence d’ondes radio) pour atteindre le Top End aux confins du North Territory.
Ici, il y a 2 grandes saisons (6 pour les Aborigènes) : le Wet, saison des pluies torrentielles et des tempêtes tropicales et le Dry, chaud (extrêmement chaud) et sec. Nous sommes arrivés à la fin du Wet, avec encore beaucoup de routes submergées et impraticables (même en 4x4), et un niveau haut dans les cours d’eau. Les billabongs (trous d’eau à la saison sèche) sont donc encore reliés à l’océan par voie d’eau… ce qui permet aux crocodiles d’estuaire de remonter à l’intérieur des terres. Il faut savoir qu’il y a deux espèces de crocodiles dans la région : les « freshies », crocodiles d’eau douce, petits (jusqu’à 3 m), peu agressifs, non mortels (pour les adultes), et les « salties », crocodiles d’estuaire, énormes (jusqu’à 6m) et mangeurs d’homme (1 ou 2 par an, quand même, pour le North Territory, 200 000 habitants !).


C’est pour cette raison que les gorges du Nitmiluk National Park étaient fermées à la baignade et aux kayaks lors de notre passage. Nous avons exploré les berges à pied en observant serpents et tortues… mais pas l’ombre d’un saurien. Heureusement, quelques trous d’eau inaccessibles aux crocos permettent de se rafraichir… mais jamais sans arrière-pensée !














































Nous avons continué vers le nord, vers le célèbre parc de Kakadu, à la limite de la Terre d’Arnhem. Le parc est classé au patrimoine mondial à la fois pour son héritage culturel et sa biodiversité. Il se compose de vastes zones inondables (encore les crocos) et d’escarpements rocheux dominant le bush. Développée depuis plus de 20 000 ans, la culture locale est considérée comme la plus ancienne encore vivante. On peut accéder à des dizaines de somptueuses peintures rupestres à Ubirr et à Nourlangie… mais la plupart demeurent inaccessibles car encore l’objet d’un culte actif du Dreaming. Ce n’est pas tant la peinture en elle-même qui présente de l’importance mais c’est le lieu et le fait de peindre et de transmettre une histoire qui sont primordiaux pour une culture qui ne connait pas l’écriture. D’ailleurs, les peintures sont réalisées dans des lieux de vie et se sont superposées avec le temps.











































Les sites à la limite des zones inondables, sur les plateaux sculptés comme des citées perdues, sont d’une beauté saisissante.



















































La vaste zone inondable abrite une quantité incroyable d’oiseaux (eux-mêmes incroyables !) … et des crocodiles. Nous sommes très fiers d’en avoir approché quelques-uns lors d’une ballade au bord d’un billabong loin de tout (pas de trop près quand même, rassurez-vous les Mamans !).





















Comme on en voulait encore plus, on s’est offert un tour en bateau sur la rivière littéralement INFESTEE de crocodiles !!! Sans parler de notre rencontre avec le plus dangereux des serpents australiens… C’était CHAUD !













Pour finir notre périple, nous avons campé quelques jours dans le bush du Litchfield Park. Le Ranger nous voyant déçus en nous annonçant la fermeture du sentier de 4 jours que nous voulions faire, nous a indiqué son spot secret : un site perdu accessible seulement à pied, au bord de piscines naturelles pleines d’écrevisses et de petits poissons chassés par les goanas. Le paradis !
































On a aussi profité des baignades plus accessibles dans les chutes d’eau, protégées des crocos (c’est une obsession ici !).






Dans ces moments d’oisiveté au bord de l’eau, on se plonge avec plaisir dans la lecture de « Songlines » témoignage du voyage de Chatwin dans l’Outback, quelques années après la Patagonie.

mercredi 9 juin 2010

XXXX Campervan



Il fallait quand même que l’on consacre un article à notre fameux van Wicked qui nous a permis de traverser l’Outback. Bien que la norme soit plutôt aux 4x4 bodybuildés, notre van aux couleurs d’une bière australienne nous a toujours garanti un franc succès sur les routes, aussi reculées soient-elles.
Au-delà de son esthétique, c’est un petit bijou technologique aux performances époustouflantes ; nous ne citerons que sa vitesse de pointe de 110km/h, son aérodynamisme issu de la compétition automobile et son absence totale d’électronique embarquée. L’habitacle offre tout le confort possible pour un véhicule de ce standing : sièges en skaï, tôle apparente et habillage contre-plaqué. Aussi confortable de jour que de nuit, sa cuisine toute équipée ravit les ménagères les plus exigeantes.







... Désolés pour ce long silence, mais l'outback est pauvre en connections. Nous avons maintenant atteint Darwin et nous vous promettons le récit détaillé de nos aventures pour très bientôt !

mardi 1 juin 2010

On the road again

Nous avons quitté Alice Springs en direction du Top End et de Darwin, soit 1500 km de bush, en ligne droite sur l'Explorers Highway. La traversée est une expérience en soit. Il ne se passe absolument rien pendant plusieurs dizaines de kilomètres.













La tradition veut donc qu'on salue tous les véhicules que l'on croise. Les quelques Roadhouse sont devenues de véritables institutions avec chacune leur histoire et sont autant de prétextes à des rencontres inattendues. Encore une tradition locale : punaiser un billet de banque à son nom pour s'assurer de pouvoir s'offrir une bière à son prochain passage.





















On croise aussi quelques paysages sympas comme les Devil's Marbles ou les sources thermales cristallines.















Maintenant que nous sommes au nord du tropique du Capricorne, nous avons retrouvé la chaleur et un peu d'humidité.