Ici, il y a 2 grandes saisons (6 pour les Aborigènes) : le Wet, saison des pluies torrentielles et des tempêtes tropicales et le Dry, chaud (extrêmement chaud) et sec. Nous sommes arrivés à la fin du Wet, avec encore beaucoup de routes submergées et impraticables (même en 4x4), et un niveau haut dans les cours d’eau. Les billabongs (trous d’eau à la saison sèche) sont donc encore reliés à l’océan par voie d’eau… ce qui permet aux crocodiles d’estuaire de remonter à l’intérieur des terres. Il faut savoir qu’il y a deux espèces de crocodiles dans la région : les « freshies », crocodiles d’eau douce, petits (jusqu’à 3 m), peu agressifs, non mortels (pour les adultes), et les « salties », crocodiles d’estuaire, énormes (jusqu’à 6m) et mangeurs d’homme (1 ou 2 par an, quand même, pour le North Territory, 200 000 habitants !).
C’est pour cette raison que les gorges du Nitmiluk National Park étaient fermées à la baignade et aux kayaks lors de notre passage. Nous avons exploré les berges à pied en observant serpents et tortues… mais pas l’ombre d’un saurien. Heureusement, quelques trous d’eau inaccessibles aux crocos permettent de se rafraichir… mais jamais sans arrière-pensée !
Les sites à la limite des zones inondables, sur les plateaux sculptés comme des citées perdues, sont d’une beauté saisissante.
Pour finir notre périple, nous avons campé quelques jours dans le bush du Litchfield Park. Le Ranger nous voyant déçus en nous annonçant la fermeture du sentier de 4 jours que nous voulions faire, nous a indiqué son spot secret : un site perdu accessible seulement à pied, au bord de piscines naturelles pleines d’écrevisses et de petits poissons chassés par les goanas. Le paradis !
On a aussi profité des baignades plus accessibles dans les chutes d’eau, protégées des crocos (c’est une obsession ici !).
Dans ces moments d’oisiveté au bord de l’eau, on se plonge avec plaisir dans la lecture de « Songlines » témoignage du voyage de Chatwin dans l’Outback, quelques années après la Patagonie.
